La clé a tourné dans la serrure avec ce petit bruit familier que je connaissais par cœur.

Un bruit simple.

Rassurant.

Celui d’une vie stable.

Prévisible.

J’ai poussé la porte.

Et immédiatement…

quelque chose m’a frappée.

Pas un objet déplacé.

Pas un désordre.

Non.

Une sensation.

L’air.

Il était… différent.

Lourd.

Figé.

Comme si quelqu’un avait respiré ici longtemps après mon départ.

Je suis entrée lentement.

Ma valise est restée dans l’entrée.

Je n’ai même pas enlevé mes chaussures.

— « Il y a quelqu’un ? » ai-je appelé.

Silence.

Total.

Mais pas vide.

Un silence… habité.

Je me suis avancée dans le salon.

Tout semblait normal.

Trop normal.

Le plaid sur le canapé.

Le livre que j’avais laissé ouvert.

La tasse sur la table basse.

Exactement comme je les avais laissés.

Et pourtant…

ce n’était pas pareil.

Je ne saurais pas expliquer pourquoi.

Mais quelque chose avait changé.

Je me suis dirigée vers la cuisine.

Rien.

Puis vers la chambre.

Et là…

je me suis arrêtée.

Net.

Sur le lit…

il y avait quelque chose.

Un objet.

Que je n’avais pas laissé.

Un carnet.

Noir.

Simple.

Posé exactement au centre du lit.

Mon cœur a raté un battement.

Je savais.

Sans savoir pourquoi.

Que ce carnet n’était pas là avant.

Je me suis approchée.

Très lentement.

Mes doigts ont effleuré la couverture.

Froide.

Je l’ai ouvert.

Et la première chose que j’ai vue…

c’était mon nom.

Écrit.

À la main.

“Claire.”

Mon souffle s’est coupé.

J’ai tourné la page.

“Si tu lis ceci, c’est que tu es rentrée.”

Mes mains ont commencé à trembler.

“Et que tu as compris que ce n’était pas juste une semaine.”

Un frisson a parcouru mon dos.

“Tu pensais que c’était un hasard.”

“Que je suis apparu comme ça.”

“Que c’était une rencontre.”

“Mais rien de tout cela n’était un hasard.”

J’ai refermé le carnet brusquement.

Mon cœur battait trop vite.

Trop fort.

— « Non… »

J’ai reculé d’un pas.

Puis un autre.

Mais mes yeux sont revenus dessus.

Malgré moi.

Comme attirés.

Je l’ai rouvert.

“Je t’ai vue avant.”

“Bien avant la mer.”

“Bien avant le café.”

Mes jambes ont faibli.

Je me suis assise sur le lit.

“Tu ne m’as jamais remarqué.”

“Mais moi… je t’ai regardée pendant des mois.”

Le sang a quitté mon visage.

“Tu avais l’air triste.”

“Fatiguée.”

“Comme si tu avais oublié que tu pouvais être vivante.”

Les souvenirs sont revenus.

Des moments flous.

Des regards que je n’avais pas pris au sérieux.

Des impressions étranges.

Que j’avais ignorées.

“Je ne pouvais pas te parler.”

“Pas encore.”

“Alors j’ai attendu.”

“J’ai appris tes habitudes.”

“Tes horaires.”

“Tes silences.”

Mon souffle devenait irrégulier.

“Et quand tu es partie…”

“je t’ai suivie.”

Le monde s’est arrêté.

“Je savais que tu serais là.”

“Au bord de la mer.”

“Seule.”

“Disponible.”

J’ai laissé tomber le carnet.

Comme s’il brûlait.

— « Non… non… »

Ma tête tournait.

Ce n’était pas possible.

Pas réel.

Pas logique.

Et pourtant…

chaque mot sonnait juste.

Trop juste.

Je me suis levée brusquement.

J’ai couru vers la porte d’entrée.

Vérifié la serrure.

Fermée.

Puis les fenêtres.

Toutes fermées.

Alors comment…

COMMENT ?

Je suis retournée lentement dans la chambre.

Le carnet était toujours là.

Ouvert.

Comme si quelqu’un l’avait laissé exprès.

Comme si quelqu’un…

attendait que je comprenne.

Je me suis approchée.

Encore.

Toujours attirée.

Et j’ai vu…

qu’il y avait une dernière page.

Je ne me souvenais pas l’avoir tournée.

Elle était là.

Ouverte.

“Tu n’aurais jamais dû croire que c’était fini.”

Mon cœur s’est arrêté.

“Parce que moi…”

Une pause.

“je ne suis jamais parti.”

Un bruit.

Derrière moi.

Infime.

Mais réel.

Très réel.

Je me suis figée.

Chaque muscle de mon corps s’est tendu.

Je n’ai pas osé me retourner.

Pas tout de suite.

Le silence.

Puis…

un souffle.

Juste derrière moi.

Chaud.

Proche.

Beaucoup trop proche.

Et une voix.

Douce.

Calme.

Terriblement familière.

— « Tu vois… »

Mon sang s’est glacé.

— « je t’avais dit que je n’avais besoin de rien d’autre que ces quelques jours… »

Une pause.

Puis un murmure.

À mon oreille.

— « …mais je ne t’ai jamais dit que j’allais te laisser partir. » 😨

Опубликовано в

Добавить комментарий

Ваш адрес email не будет опубликован. Обязательные поля помечены *