L’écran de son téléphone projeta une lumière froide sous le lit, dessinant des ombres tremblantes sur le parquet. Je retins mon souffle, mon cœur battant si fort que j’étais persuadée qu’il pouvait l’entendre.

Puis il parla.

Sa voix était basse. Maîtrisée. Trop calme.

— « Oui… je suis à l’intérieur. »

Un frisson glacial me traversa.

À l’intérieur ?

De quoi parlait-il ?

Je restai immobile, chaque muscle crispé. Mon esprit cherchait désespérément une explication logique. Peut-être un ami d’Alex ? Peut-être une surprise ? Une mauvaise blague ?

Mais quelque chose n’allait pas.

Tout, en réalité.

— « Non, il n’est pas encore là… » continua l’homme.

Le silence se fit à l’autre bout de la ligne. Puis il reprit, encore plus bas :

— « Oui, c’est bien la chambre. Je confirme. »

Mon estomac se noua.

Ce n’était pas une erreur.

Il était là pour une raison.

Et cette raison… n’avait rien à voir avec moi.

Je sentis la poussière me piquer la gorge, mais je n’osai pas tousser. Mes doigts se crispèrent contre le sol froid. J’essayais de ne pas bouger, de ne pas respirer trop fort.

— « Écoute-moi bien… » murmura-t-il soudain, d’un ton plus dur. « On n’a pas beaucoup de temps. Dès qu’il arrive, tout doit être prêt. »

Un bourdonnement envahit mes oreilles.

Dès qu’il arrive.

Alex.

Ils attendaient Alex.

Pourquoi ?

Mon cœur s’emballa encore plus.

Je tournai légèrement la tête, juste assez pour voir un peu mieux. À travers l’espace étroit, j’aperçus son pantalon sombre, parfaitement ajusté. Ses chaussures étaient impeccables. Trop propres pour quelqu’un qui entrerait par erreur dans une chambre d’hôtel.

Il n’était pas perdu.

Il était préparé.

— « Non… pas de témoins, » dit-il, presque agacé. « Tout est sous contrôle. »

Pas de témoins.

Un froid encore plus profond que celui du sol se répandit en moi.

Je compris alors que je n’étais pas censée être là.

Que si cet homme savait…

Je fermai les yeux un instant, essayant de calmer ma respiration.

Réfléchis.

Réfléchis.

Mais mes pensées s’entrechoquaient, désordonnées, paniquées.

Pourquoi quelqu’un attendrait-il mon mari dans notre chambre, le soir de notre mariage ?

Pourquoi parler de “pas de témoins” ?

Une image me traversa l’esprit — fugace, terrible.

Non.

Impossible.

Alex n’était pas… impliqué dans quoi que ce soit de dangereux.

Il ne pouvait pas.

Je refusais d’y croire.

— « Oui… » reprit l’homme après un silence. « Il ne se doute de rien. »

Mon sang se glaça.

Il ne se doute de rien.

Qui ?

Alex… ou moi ?

Le matelas grinça légèrement lorsqu’il se leva. Je me figeai complètement.

Ses pas résonnèrent dans la pièce.

Lentement.

Mesurés.

Il faisait les cent pas.

Comme un prédateur enfermé dans une cage.

Je sentis mon souffle devenir irrégulier. Chaque seconde semblait durer une éternité.

Et puis—

Un bruit.

La poignée de la porte.

Elle bougea.

Un clic.

La porte s’ouvrit.

Mon cœur s’arrêta presque.

Des pas.

Cette fois… je les reconnus.

Alex.

Ses pas étaient plus légers. Moins assurés. Fatigués, peut-être.

— « Chérie ? » appela-t-il doucement.

Je voulus répondre.

Je voulus crier.

Mais aucun son ne sortit.

Parce que je savais.

Je savais que quelque chose d’irréversible était sur le point de se produire.

Le silence dans la pièce était devenu insupportable.

Puis—

— « Tu es enfin là. »

La voix de l’inconnu.

Juste derrière lui.

Un silence.

Lourd.

Écrasant.

— « Qui êtes-vous ? » demanda Alex, surpris.

Sa voix tremblait légèrement.

Je sentis mes ongles s’enfoncer dans le bois du parquet.

Fuis.

Crie.

Fais quelque chose.

Mais je restais figée.

Paralysée.

— « On n’a pas beaucoup de temps, » dit l’homme calmement. « Tu sais pourquoi je suis là. »

— « Je… je crois que vous vous trompez de personne, » répondit Alex.

Mensonge.

Je ne savais pas pourquoi… mais je le sentais.

Un instinct viscéral.

Il mentait.

Un silence.

Puis un léger rire.

Froid.

— « Non, Alex. Je ne me trompe jamais. »

Mon cœur s’effondra.

Comment connaissait-il son nom ?

Le sol semblait se dérober sous moi.

— « Où est-elle ? » demanda soudain l’homme.

Le temps se figea.

Où est-elle.

Il parlait de moi.

Mon souffle se coupa.

Alex ne répondit pas immédiatement.

Et ce silence…

Ce silence était pire que tout.

— « Elle… elle n’est pas ici, » dit-il enfin.

Un mensonge encore.

Je sentis une larme couler silencieusement sur ma joue.

Pourquoi ?

Pourquoi mentait-il ?

Que se passait-il ?

Le bruit d’un objet métallique.

Un cliquetis.

Mon cœur s’arrêta.

— « Tu vois, Alex… » murmura l’homme. « Je n’aime pas qu’on me mente. »

Le danger devint soudain… réel. Tangible. Écrasant.

Et là, sous le lit, dans ma robe blanche froissée, j’ai compris une chose avec une clarté terrifiante :

Cette nuit, censée être le début de ma vie…

Pourrait bien être la fin.

Et le pire…

C’est que je n’étais peut-être pas la seule cible.

Un silence.

Puis—

Un bruit brusque.

Un mouvement.

Et soudain, tout bascula.

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