L’homme de pierre au fond de l’océan

Je n’étais pas censé plonger ce jour-là.

La mer n’était pas agitée, non… elle était pire que ça.
Elle était silencieuse. Trop silencieuse. Comme si elle retenait quelque chose. Comme si elle attendait.

Mais quelque chose en moi insistait.

Une intuition.
Ou peut-être une erreur.


La descente

L’eau était froide.

Pas simplement fraîche… glaciale.
Elle s’insinuait dans chaque fibre de mon corps, ralentissant mes mouvements, rendant chaque geste plus lourd, plus lent.

À mesure que je descendais, la lumière disparaissait.
Le bleu devenait sombre.
Puis presque noir.

Seuls le bruit de ma respiration et le battement de mon cœur existaient encore.

Et pourtant…
Je n’étais pas seul.

Je le sentais.


Une silhouette impossible

Au début, je pensais que c’était un rocher.

Une forme irrégulière, posée sur le sable marin, immobile depuis des siècles.
Mais quelque chose clochait.

La posture.

Trop… humaine.

Je me suis approché.

Lentement.

Très lentement.

Et puis, mon sang s’est glacé.


Le regard figé

C’était un homme.

Ou du moins… ce qui en restait.

Son corps était entièrement pétrifié, comme sculpté dans la pierre.
Chaque détail était intact.

Ses mains crispées.
Ses doigts tendus.
Son torse contracté.

Et son visage…

Son visage était figé dans une expression d’horreur absolue.

La bouche entrouverte.
Les yeux grands ouverts.

Comme s’il avait vu quelque chose…
Juste avant la fin.


Le serpent

Et puis je l’ai vu.

Autour de son cou.

Un serpent.

Massif.
Enroulé avec une précision terrifiante.

Lui aussi… pétrifié.

Ses anneaux serrés autour de la gorge de l’homme.
Sa tête figée à quelques centimètres du visage.

La gueule entrouverte.

Comme s’il s’apprêtait à mordre.

Ou comme s’il venait de le faire.


Le dernier instant

Tout était là.

Le combat.
La peur.
La lutte.

Figés dans le temps.

Comme si l’océan lui-même avait décidé de conserver cet instant.

De ne jamais le laisser disparaître.

Ni l’homme.

Ni le serpent.


Une présence

Je voulais partir.

Mon instinct me criait de remonter.

Mais je ne pouvais pas.

Quelque chose me retenait.

Comme si cette scène… voulait être vue.

Comme si elle attendait un témoin.


Un détail impossible

C’est là que j’ai remarqué quelque chose.

Quelque chose que je n’aurais jamais dû voir.

Sur la peau de pierre de l’homme…

Il y avait des fissures.

Fines.

Presque invisibles.

Mais elles bougeaient.


L’impensable

Je me suis figé.

Mon souffle s’est accéléré.

Les fissures… s’élargissaient.

Très lentement.

Comme si la pierre… respirait.

Non.

Pas respirait.

Se brisait.


Le regard

Et soudain…

Les yeux de l’homme ont bougé.

À peine.

Mais suffisamment pour me voir.


La panique

Mon cœur a explosé dans ma poitrine.

Impossible.

Ce n’était pas possible.

Il était mort.

Il devait être mort.

Et pourtant…

Ce regard.

Ce regard était vivant.


Le mouvement du serpent

Puis… le serpent.

Lentement.

Terriblement lentement.

Sa tête s’est déplacée.

Ses mâchoires ont tremblé.

Comme si quelque chose revenait.

Comme si la mort elle-même reculait.


Le message

Et là… j’ai entendu quelque chose.

Pas avec mes oreilles.

Mais dans ma tête.

Une voix.

Faible.

Brisée.

« Pars… »


La fuite

Je n’ai pas réfléchi.

Je suis remonté.

Aussi vite que possible.

Sans regarder derrière moi.

Sans m’arrêter.


La surface

Quand j’ai atteint la surface, j’étais en état de choc.

Je tremblais.

Je suffoquais.

Mais j’étais vivant.

Contrairement à ce que j’avais vu.

Ou… cru voir.


Mais quelque chose n’allait pas

Cette nuit-là, je n’ai pas dormi.

Impossible.

Chaque fois que je fermais les yeux…

Je revoyais son regard.

Et celui du serpent.


Le dernier détail

Et puis j’ai compris.

Quelque chose que je n’avais pas remarqué sur le moment.

Quelque chose de bien pire.

L’homme n’essayait pas de se défendre.

Non.

Ses mains…

N’étaient pas sur le serpent.


Elles étaient tournées vers moi

Comme s’il essayait…

De me prévenir.


Et depuis ce jour…

Je n’ai jamais replongé.

Mais parfois, la nuit…

J’entends encore cette voix.

« Pars… »

Et je sais une chose.

Ce que j’ai vu au fond de l’océan…

N’était pas un souvenir.

Ni une illusion.

C’était un avertissement.

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