Le médecin sentit immédiatement son sang se glacer.

L’écran montrait la chambre plongée dans une lumière faible et bleutée. Le patient restait immobile dans son lit, entouré du bruit régulier des machines.

Au début…

Rien d’étrange.

Une infirmière entra.

Puis une autre.

Elles vérifièrent les perfusions, notèrent quelques données sur un dossier médical, changèrent les draps… exactement comme chaque nuit.

Le médecin fronça les sourcils.

— Qu’est-ce que je suis censé voir…?

Mais soudain, quelque chose attira son attention.

L’une des infirmières semblait nerveuse.

Très nerveuse.

Elle regardait constamment vers la porte.

Puis vers le patient.

Puis encore vers la porte.

Et quelques secondes plus tard…

La lumière de la chambre s’éteignit complètement.

Le médecin se redressa brusquement.

— Pourquoi elles éteignent les lumières ?

L’image de la caméra infrarouge prit le relais.

Noir et blanc.

Granuleux.

Silencieux.

Les deux infirmières restaient immobiles près du lit.

Et alors…

La porte de la chambre s’ouvrit lentement une nouvelle fois.

Quelqu’un entra.

Le médecin sentit immédiatement son estomac se nouer.

Parce que cette personne ne portait pas l’uniforme de l’hôpital.

L’homme était grand.

Très grand.

Une capuche noire cachait presque entièrement son visage.

Il entra comme s’il connaissait parfaitement les lieux.

Comme s’il l’avait déjà fait des dizaines de fois.

Les infirmières reculèrent immédiatement.

Terrifiées.

Soumises.

Le médecin augmenta instinctivement le volume malgré l’absence de son.

Son cœur battait si fort qu’il entendait presque son propre sang dans ses oreilles.

L’homme s’approcha lentement du lit du pompier plongé dans le coma.

Puis…

Il posa une main sur son bras.

Et ce qui arriva ensuite fit littéralement arrêter de respirer le médecin.

Le patient bougea.

Pas un simple réflexe.

Pas une contraction involontaire.

Non.

Sa main se referma lentement autour du poignet de l’homme.

Le médecin recula violemment de son écran.

— Impossible…

Pendant plus d’un an, cet homme n’avait montré aucun signe réel de conscience.

Aucun.

Et pourtant…

À cet instant précis…

Il semblait réagir.

Comme s’il reconnaissait la présence de cet inconnu.

Le médecin sentit une sueur froide couler dans son dos.

Mais le pire était encore à venir.

L’homme encapuchonné se pencha lentement vers l’une des infirmières.

Et même sans le son, le médecin comprit immédiatement qu’il lui donnait des ordres.

La jeune femme commença à trembler.

Puis elle secoua lentement la tête.

Comme si elle refusait.

Alors l’homme lui attrapa brutalement le visage.

Le médecin sursauta.

L’infirmière semblait paralysée de peur.

Et soudain…

Le médecin remarqua quelque chose d’encore plus terrifiant.

Une deuxième silhouette apparaissait derrière la porte entrouverte.

Puis une troisième.

Des hommes.

Tous vêtus de noir.

Le chef de service sentit un frisson monstrueux lui traverser le corps.

Ce n’était pas une affaire médicale.

C’était autre chose.

Quelque chose de beaucoup plus sombre.

Il continua de regarder les images, incapable de détourner les yeux.

L’homme principal montra ensuite le pompier dans le coma.

Puis désigna l’infirmière.

Et là…

Le médecin comprit enfin pourquoi toutes les femmes de ce service semblaient brisées depuis des mois.

Pourquoi elles évitaient les questions.

Pourquoi elles avaient peur.

Ce n’était pas le patient.

Jamais.

Quelqu’un utilisait cette chambre.

Quelqu’un profitait du fait qu’un homme dans le coma ne pouvait ni parler… ni témoigner.

Le médecin sentit une nausée monter brutalement.

Puis les images devinrent encore plus horribles.

L’une des infirmières s’effondra en pleurs près du mur.

L’homme encapuchonné sortit alors quelque chose de sa poche.

Une seringue.

Le médecin blêmit.

Il regarda l’homme injecter discrètement un produit dans la perfusion du pompier.

Et immédiatement…

Les constantes du patient commencèrent à changer.

Le rythme cardiaque augmenta.

Les doigts bougèrent légèrement.

Comme si le corps entier luttait contre quelque chose.

Le médecin porta une main tremblante à sa bouche.

Parce qu’il venait de comprendre une vérité terrifiante :

Quelqu’un maintenait volontairement ce patient dans un état instable.

Depuis des mois.

Peut-être depuis le début.

La chambre 23B n’était pas seulement une chambre d’hôpital.

C’était une prison.

Le médecin attrapa immédiatement son téléphone.

Mais avant même de composer le numéro de la police…

Une image apparut sur l’écran qui le pétrifia totalement.

Le pompier ouvrit les yeux.

Très légèrement.

Juste quelques secondes.

Mais suffisamment pour regarder directement la caméra cachée.

Le médecin sentit son cœur s’arrêter.

Parce qu’il y avait quelque chose dans ce regard.

Une terreur absolue.

Comme si cet homme était conscient depuis longtemps…

Sans pouvoir bouger.

Sans pouvoir parler.

Sans pouvoir appeler à l’aide.

Le médecin recula si brutalement que sa chaise tomba derrière lui.

Puis il composa le numéro de la police avec des mains tremblantes.

— Venez immédiatement… murmura-t-il d’une voix cassée. Immédiatement.

— Monsieur, qu’est-ce qu’il se passe ?

Le médecin regardait toujours l’écran.

Les hommes en noir continuaient de circuler dans la chambre comme s’ils possédaient l’endroit.

L’une des infirmières pleurait silencieusement.

Le pompier avait refermé les yeux.

Comme prisonnier dans son propre corps.

Le médecin sentit les larmes lui monter aux yeux.

— Je crois… je crois qu’un homme est retenu prisonnier dans mon hôpital depuis plus d’un an…

Quelques minutes plus tard, les sirènes commencèrent à retentir au loin.

Mais ce que personne ne savait encore…

C’est que le véritable cauchemar ne faisait que commencer.

Car lorsque la police arriva enfin dans la chambre 23B…

La pièce était vide.

Complètement vide.

Les infirmières avaient disparu.

Les hommes aussi.

Et le pompier…

N’était plus dans son lit.

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