Le vent humide faisait légèrement bouger sa queue de cheval, mais son regard, lui, restait parfaitement fixe. Les trois hommes continuaient de sourire, certains d’avoir déjà gagné.
Le chef s’approcha encore davantage.
— Alors ? On attend quoi, princesse ?
Il tendit la main vers son téléphone.
Et c’est là que tout bascula.
Avant même qu’il comprenne ce qui arrivait, Veronika attrapa brutalement son poignet.
Un craquement sec résonna dans le parc.
L’homme poussa un hurlement monstrueux.
Son bras venait de se retourner dans un angle impossible.
— QUOI—
Mais il n’eut pas le temps de finir.
Veronika pivota sur elle-même avec une vitesse terrifiante et son coude s’écrasa directement dans sa gorge.
Le colosse tomba à genoux, incapable de respirer.
Le deuxième homme resta figé de stupeur.
— Putain…!
Il tenta immédiatement de la saisir par derrière.
Erreur.
Veronika attrapa son épaule, utilisa son propre élan contre lui et le projeta violemment au sol. Le bruit de son crâne contre les pavés humides fit grimacer même le troisième homme.
Tout venait de se passer en moins de cinq secondes.

Le silence explosa brutalement dans le parc.
Les oiseaux s’envolèrent des arbres.
Le troisième agresseur recula d’un pas.
Son sourire avait disparu.
— C’est quoi ce bordel…?
Le premier homme toussait au sol en se tenant la gorge. Le deuxième essayait péniblement de se relever, complètement désorienté.
Et Veronika…
N’avait même pas l’air essoufflée.
Elle réajusta calmement sa montre de sport.
Puis leva lentement les yeux vers eux.
Quelque chose dans son regard glaça instantanément les trois hommes.
Ce n’était pas de la peur.
C’était pire.
C’était l’habitude.
Comme si ce genre de situation ne représentait absolument aucun danger pour elle.
— Je vous ai donné une chance de partir, dit-elle calmement.
Le chef cracha au sol et sortit soudain un couteau pliant de sa poche.
— Sale garce…
La lame brilla sous la lumière grise du matin.
Cette fois, même Veronika changea légèrement d’expression.
Son regard devint plus froid.
Plus vide.
— Mauvaise décision.
Le troisième homme contourna discrètement Veronika pendant que le chef avançait avec le couteau.
Ils voulaient l’encercler.
Comme des prédateurs.
Mais aucun d’eux ne remarqua le petit détail.
Veronika avait discrètement retiré ses écouteurs sans fil.
Et sous ses cheveux attachés…
On apercevait maintenant une petite cicatrice derrière son oreille.
Le chef se jeta soudain sur elle avec un cri.
La lame fendit l’air.
Mais Veronika bougea avant même qu’il termine son geste.
Comme si elle savait exactement où le couteau allait passer.
Elle esquiva d’un mouvement précis, frappa son poignet, et la lame s’envola plusieurs mètres plus loin.
Puis elle enchaîna immédiatement.
Un coup dans les côtes.
Un autre au genou.
Le bruit du cartilage qui cédait fit hurler l’homme de douleur.
Il s’effondra au sol.
Le troisième agresseur paniqua enfin.
— MAIS C’EST QUI CETTE FOLLE ?!
Il voulut courir vers sa moto.
Trop tard.
Veronika le rattrapa en deux secondes.
Elle le saisit par la veste et le projeta violemment contre un arbre.
L’impact fut si fort que les feuilles tremblèrent au-dessus d’eux.
Le garçon gémit de douleur.
Puis il leva enfin les yeux vers elle correctement.
Et il vit quelque chose qui le terrifia réellement.
Sous la manche légèrement remontée de Veronika apparaissait un tatouage noir.
Un emblème militaire.
Pas un simple dessin.
Une véritable unité.
L’homme pâlit instantanément.
— Non… murmura-t-il.
Il connaissait ce symbole.
Parce que son frère avait servi dans les forces spéciales quelques années auparavant.
Et il lui avait parlé de certaines unités.
Des gens entraînés pour neutraliser des menaces armées en quelques secondes.
Des gens qu’on n’envoyait jamais dans des situations ordinaires.
Le garçon commença réellement à trembler.
— Attends… attends… t’es militaire ?!
Veronika le regarda sans émotion.
— Ancienne.
Le chef tenta de se relever derrière elle malgré sa jambe blessée.
Ses yeux brûlaient de haine.
— Je vais te tuer !
Il sortit alors autre chose de sa veste.
Un pistolet.
Le temps sembla s’arrêter.
Même le vent disparut.
Le troisième homme ouvrit les yeux de terreur.
— Andreï, NON !
Mais il était trop tard.
Le chef pointait déjà l’arme vers Veronika.
Ses mains tremblaient de rage.
— Tu te croyais forte ?!
Veronika resta immobile.
Complètement immobile.
Comme une statue.
Et ce calme absolu effraya soudain beaucoup plus les trois hommes que s’il elle avait crié.
Parce qu’elle n’avait toujours pas peur.
Pas la moindre trace de panique.
Puis…
Un bruit métallique claqua derrière eux.
CLAC.
Tous se retournèrent immédiatement.
Et leurs visages devinrent blancs.
Un homme venait d’apparaître au bout du sentier.
Grand.
Très grand.
Vêtu d’un simple sweat noir.
Mais surtout…
Il tenait un fusil pointé droit sur eux.
— Lâche l’arme, dit-il calmement.
Sa voix était froide.
Militaire.
Mortelle.
Le chef paniqua.
— Qui t’es toi ?!
Puis une deuxième silhouette sortit des arbres.
Puis une troisième.
Silencieuses.
Rapides.
Organisées.
Les trois voyous comprirent soudain l’horreur de la situation.
Ils n’avaient pas attaqué une simple joggeuse.
Ils venaient de tomber sur une opération de surveillance.
Le troisième homme sentit son ventre se retourner.
Parce qu’au même moment, il remarqua les petites oreillettes discrètes dans les oreilles des nouveaux arrivants.
Et surtout…
Les brassards noirs qu’ils sortirent en avançant.
POLICE SPÉCIALE.
Le chef recula de panique avec son arme.
— Non… non… c’est impossible…
Veronika soupira lentement.
Puis elle sortit calmement quelque chose de sa poche.
Une carte officielle.
— Capitaine Veronika Sokolov, dit-elle froidement. Division anti-criminalité organisée.
Les trois hommes cessèrent presque de respirer.
Le monde entier semblait s’effondrer autour d’eux.
Parce qu’ils comprenaient enfin.
Depuis le début…
C’étaient eux les proies.
Le chef tenta soudain de lever son arme dans un dernier geste désespéré.
Mauvaise idée.
Un tir éclata immédiatement.
Son pistolet vola de sa main.
L’homme hurla en tenant ses doigts ensanglantés.
En moins de trois secondes, les agents étaient déjà sur eux.
Plaqués au sol.
Menottés.
Immobilisés.
Le troisième homme pleurait presque maintenant.
— On savait pas… on savait pas…
Veronika s’approcha lentement de lui.
Son regard était glacial.
— Vous avez vu une femme seule et vous avez pensé qu’elle était faible.
Le garçon baissa les yeux.
Tremblant.
Puis Veronika ajouta doucement :
— C’est exactement pour ça qu’on vous surveillait depuis deux mois.
Le silence retomba sur le parc.
Les sirènes de police commençaient déjà à résonner au loin.
Et tandis que les agents emmenaient les trois hommes terrorisés…
Le plus jeune des agresseurs regarda encore une fois Veronika.
Puis il murmura d’une voix cassée :
— Quand t’as attrapé mon bras…
j’ai cru que t’allais me tuer…
Veronika le fixa quelques secondes.
Sans aucune émotion.
Puis répondit calmement :
— Si j’avais voulu vous tuer…
aucun de vous ne serait encore en train de parler.